log in

Mu(s)– Krypt Blues The last song I dance

2011

Photo: unknown

Info

Date
2011/04/15,17
Activities
Collaboration, Open Rehearsal
City
Paris
Country
France
Venue
Micadances
Performers
Ko Murobishi, Alain Mahe, J-F.Pauvros, Alain Mahe, Dorothee Munyaneza

Description

Texte de Ko Murobushi : Krypt blues

La sonorité centrale du texte, « kara », engendre un faisceau de sens et s’articule à d’autres sonorités, forgeant de nouveaux mots. Ko Murobushi conserve cette multiplicité en notant ce vocable kara, non pas avec un idéogramme (qui en fixerait le sens de manière unique) mais en utilisant une écriture en deux syllables qui permet une signification plurielle.

Fondamentalement, kara renvoie au vide, à un corps creux, à la résonnance de ce corps creux.

Ce peut être une coquille d’œuf, la mue d’une cigale, ou bien le vide du ciel, la vacuité bouddhique.

kara indique aussi l’origine (au sens spatial comme au sens causal)

Mais kara est aussi le début du mot karada, qui signifie «  corps ». (Il existe deux mots en japonais pour dire le corps : karada et shintai. Karada met davantage l’accent sur la dimension concrète du corps, la « corporéité ».)

C’est aussi le début du mot karasu, les corbeaux dont il est question à la fin du texte.

Ko Morobushi emploie aussi l’expression kara-kara, une onomatopée caractérisant ce qui sonne creux, ou bien ce qui est sec (avoir la gorge sèche), ou encore un rire sonore.

L’autre mot ambigu du texte est naku. De la même manière, Ko Morobushi l’écrit parfois sous la forme de deux syllabes et non d’un idéogramme qui annulerait toute ambivalence. Ainsi écrit, naku peut dès lors aussi bien signifier « pleurer », que « chanter » ou « crier » (au sens où un animal, un oiseau par exemple, crie ou chante).

Ces deux mots, naku et kara sont réunis dans le mot nakigara, également noté en syllabes, qui peut ainsi désigner, outre son sens ordinaire de « cadavre », un néologisme se traduisant par « un corps creux qui crie (ou chante, ou pleure). »

< Krypt blues >  mô kami mo nobizu   tsume mo   hige mo nobinai
« Krypt blues » Mes cheveux ne poussent plus       mes ongles       ma barbe ne poussent plus

Mô orewa   hikarabita   ore no karadawa   karakarada
Me voici tout desséché    mon corps sec    sonne le creux

ore no karadawa  karakarani  hikarabite   namidamo kawaite   tada karakara waraudake
mon corps est à sec    même mes larmes sont sèches    ne peux qu’éclater de  rire

oreno  « kuriputo »    sorewa oreno   karakara no karada       karakarano  karappo no karad

Ma « crypte »     c’est mon corps qui sonne le creux    mon corps totalement vide

<KARA KARA DA>  (karanokarada)
<KARA KARA DA>  (corps  vide)

(kara no karada kara       subete ga umareta    kara no karada kara  ore ga umareta    kâkâto   karasu ga nakumitaini   naiteita  nakigaramitai  nakigaramitai  nakigara no yô ni   orewa  nakiNAGARA  umareta)
(D’un corps vide          toute chose est née                           d’un corps vide    je suis né, Kâ kâ font les corbeaux      criant comme un cadavre     comme un cadavre qui pleure ou chante       tel un cadavre             criant   je suis né )

Photo